Les études et essais agricoles

Dès 2014, la FNCC a commandé une étude de faisabilité pour l'utilisation des refus de tri-compostage comme combustible solide de récupération.

Menée par Michel NOUGARET, avec le soutien financier de l'ADEME, cette étude conclue à la forte possibilité de transformation des refus légers, fortement composés de plastiques, en CSR.

"Plusieurs caractéristiques physico-chimiques des refus de tri-compostage ont été mesurées pour les comparer aux exigences des utilisateurs de CSR, et ce pour deux types de refus :

- les refus primaires issus de la préparation des déchets avant compostage,

- les refus d'affinage issus de la purification des composts après fermentation.

Globalement en l'état actuel de leur production, ils ne sont pas conformes pour la majorité des critères mesurés, mais les refus sont très divers et on peut distinguer les tendances suivantes, avec une très faible variation saisonnière :

 

 

Les teneurs en incombustibles (métaux, verres, cailloux, terres cuites, etc.) sont très variables avec une moyenne de 3,9 % pour les refus primaires et 6,7 % pour les refus d'affinage. Bien qu'aucun seuil chiffré ne soit imposé par les utilisateurs, on sait que la présence d'incombustibles est une contrainte importante que les cimentiers évoquent en priorité, avant le taux de chlore pourtant souvent rédhibitoire. La diminution de ces corps étrangers doit être envisagée au stade de la préparation, mais également au stade de l'obtention des refus, en amont.

Les humidités moyennes sont proches pour les différents flux avec 35,1 % pour les refus de criblage primaire et 35,3 % pour les refus d'affinage, supérieures aux seuils de 12 % et 15 %.

La production de CRS devra donc viser à abaisser la valeur de l'humidité, au stade de la production des refus et / ou de la préparation des CSR elle-même.

Les taux de cendres sont variables, les valeurs mesurées pour les refus primaires (16,4 %) sont entre les seuils de 10 % et 20 %, les refus d'affinage ont des valeurs supérieures (28,0 %), seul un refus primaire issus de criblage balistique est en dessous du seuil bas avec 8,1 %.

Ces cendres ne représentent pas en soi un obstacle à la combustion mais elles font l'objet d'une valeur limite car elles induisent des impuretés dans les produits finis. A noter que ces teneurs n'incluent pas les incombustibles extraits pour la mesure du taux d'incombustibles./Les teneurs en cendres réelles globales des refus non préparés seraient donc supérieures. Les étapes de production de refus et/ ou de préparation des CSR devront en tenir compte et viser par exemple la diminution des fibreux (papiers, cartons, bois, textiles) au bénéfice des combustibles de type plastiques ou composites.

Les taux de chlore moyens sont très légèrement supérieurs au taux limite de 5 000 ppm avec 5 578 ppm pour les refus primaires et 5 664 ppm pour les refus d'affinage ; seule la valeur mesurée sur le refus primaire de tri (4 154 ppm) est inférieure. Tous les taux sont inférieurs au seuil de 7 000 ppm exigé par les cimenteries munies d'un by-pass chlore.

Dans les CSR issus de traitement de déchets ménagers par tri-compostage, le chlore provient majoritairement du PVC (polyvinyl chlorure) et dans une moindre mesure du chlore diffus des autres matériaux, des matières organiques et des sels.

La baisse de la teneur en chlore peut donc être envisagée au stade de la production du refus avec des criblages fin de la matière organique pour limiter le chlore diffus, et également au stade de la préparation du CSR avec une séparation du PVC. En complément, une meilleure connaissance des sources potentielles de chlore diffus serait utile pour appréhender les possibilités de sa réduction en amont.

Les PCI des refus issus de traitement primaire (criblage ou tri) ont les valeurs les plus élevées avec 21,4 MJ/kg et 21,6 MJ/kg, tout à fait acceptables au regard des limites basses de 16 MJ/kg (précalcination) à 20 MJ/kg (tuyère d'injection). Les refus d'affinage ont le PCI moyen le plus bas à peine inférieur à la limite, les flux en mélange ont un PCI intermédiaire situé entre ces 2 seuils limites.

Un point positif important est l'homogénéité des résultats puisque pour les utilisateurs, la régularité du PCI découlant d'une qualité constante du CSR est aussi importante que sa valeur absolue.

Les voies envisageables pour augmenter le PCI recoupent les autres critères : baisse du taux d'incombustibles, augmentation de la teneur en éléments de PCI élevés comme les plastiques."

 

Il est à noter que cette étude est basée sur les seules références existantes à l'époque, c'est-à-dire les conditions d'accès aux fours cimentiers.

Depuis, la réglementation a défini de manière précise ce qui peut être considéré comme un CSR (AM du 23 mai 2016)

Accéder à l'étude complète.

Catégorie :